Grenouille d'Esculente

Pelophylax esculentus (Linnaeus, 1758)


Grenouille d'Esculente — Pelophylax esculentus (Linnaeus, 1758)
  • LMC : 100 mm (mâle ; maxi.), 120 mm (femelle ; maxi.)

LMC : Longueur museau-cloaque.


Carte de répartition (paléarctique occidental)


Diagnose

La Grenouille commune est issue de l'hybridation entre la Grenouille de Lessona — Pelophylax lessonae (Camerano, 1882) et la Grenouille rieuse — Pelophylax ridibundus (Pallas, 1771). En Europe occidentale (cas différent en Europe de l'est), le maintient de cette espèce hybride nécessite obligatoirement une reproduction avec la Grenouille de Lessona car la Grenouille commune "élimine" la partie du génome issue de la Grenouille de Lessona et que ses gamètes ne contiennent que celui de la Grenouille rieuse.

La Grenouille commune présente des caractères morphologiques intermédiaires entre la Grenouille de Lessona et la Grenouille rieuse, avec des variations plus ou moins importantes entre individus. Il serait délicat de proposer une description précise de cette grenouille. Pour cette raison, les caractères morphologiques deux espèces (Grenouille de Lessona et Grenouille rieuse) sont décrits de manière distincte.

 

Grenouille de Lessona — Pelophylax lessonae (Camerano, 1882) :

C’est la plus petite des grenouilles vertes d’Europe. Le mâle présente une coloration des parties supérieures verts jaunâtre marqué par des macules noires à l’arrière du corps. La femelle est verte jaune vif ponctuée de taches sombres qui ont tendance à s’estomper en direction de la tête. Certains individus sont davantage brunâtres et une ligne vertébrale verte est alors souvent visible. Deux replis dorsaux-latéraux parallèles et de couleur brun bronze sont généralement bien distincts chez les adultes comme chez les juvéniles. La peau est faiblement granuleuse. L’arrière des cuisses et l’aine présentent des macules jaunes et noires. Les pattes postérieures sont courtes et peu puissantes. La palmure des orteils est peu développée, moyennement à peu échancrée, atteignant la base de l’avant-dernière phalange du 4ème orteil. Les tubercules métatarsiens sont grands, en forme de demi-cercle et uniformément clair, blanc ou rosâtre. La pupille est horizontalement ovale, et l'iris est généralement doré, veiné de sombres. L'allure générale est robuste mais élancée. Le museau est court et pointu. Le mâle reproducteur présente des sacs vocaux blanc pur et développent des callosités nuptiales rosâtres.

Le têtard est de couleur brun foncé à gris clair, souvent tacheté de sombre, avec un spiracle latéral et un ventre plus clair.

 

Grenouille rieuse — Pelophylax ridibundus (Pallas, 1771) :

C'est une espèce de grande taille. Les parties supérieures présentent une coloration vert olive, brun-vert, très rarement vert vif, marqué par des taches brun foncé et une ligne vertébrale verte ou claire. Deux replis dorsaux-latéraux parallèles et de couleur brun bronze sont bien distincts chez les adultes comme chez les juvéniles. La peau est lisse ou couverte de petites verrues. Les parties ventrales sont blanchâtre, tachée ou marbrée de gris sombre. Les pattes postérieures sont Longues, puissantes, gris clair, barrés de noir. La coloration de l’arrière des cuisses et de l’aine ne présente pas de jaune vif ni de noir franc. La palmure des orteils est très développée, moyennement à très peu échancrée, atteignant l’extrémité du 4ème orteil. Les tubercules métatarsiens sont petits et plats, de couleur unie blanc à noir, ou bicolore, de forme allongée variable (rectangulaire ou triangulaire) et la longueur est inférieure ou égale au tiers de la longueur de l'orteil. La pupille est horizontalement ovale, et l'iris est généralement doré, veiné de sombres. L'allure générale est robuste. Le museau est long et arrondi. Le mâle reproducteur présente des sacs vocaux gris foncé et développe des callosités nuptiales gris clair à noirâtres.


Chant


Habitat

Trop peu documenté à ce jour.


Éléments d'écologie

Les Grenouilles du genre Pelophylax sont actives de jour comme de nuit à partir du mois de mars jusqu'à la fin de l'été. Elles se reproduisent de fin mars jusqu'en juillet. Les mâles sont territoriaux et défendent une "petite place de chant" dans les zones d'eau peu profondes. Les émissions vocales particulièrement sonores sont destinées à attirer les femelles. L'amplexus de type axillaire est bref. Les femelles libèrent jusqu’à 10 000 œufs par ans. Ces derniers sont bicolores (sombre et blanchâtre). Les pontes sont généralement visibles sous forme de tapis flottants à la surface de l'eau. Les œufs éclosent après quelques jours et la sortie de l'eau intervient au bout de 5 à 12 semaines environ.


Sources

Articles & ouvrages :

  • ACEMAV coll., Duguet R. & Melki F. (2023). Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. Parthénope, Biotope. Mèze. 480 p.
  • Crnobrnja-Isailović, J., Schmidt, B.R., Denoël, M., Ficetola, G.F., Cogălniceanu, D., Martínez-Solano, I., Corti, C., Crochet, P.-A., Ferri, V., Halpern, B., Jablonski, D., Krása, A., Litvinchuk, S., Maletzky, A., Manenti, R., Poboljšaj, K., Schulte, U., Sotiropoulos, K., Speybroeck, J., Strachinis, I., Romano, A., Üzüm, N., Wilkinson, J., Hobin , L., Bellotto, V., Clay, J., Allen, D.J., and Trottet, A. (2025). Measuring the pulse of European biodiversity. European Red List of Amphibians. Brussels, Belgium : European Commission. 56 p.
  • Dufresnes C. (2019). Guide photographique des amphibiens d'Europe, d'Afrique du-Nord et du Proche-Orient. Dalachaux et Niestlé, SA, Paris, 223 p.
  • Lescure J. & Massary de J.-C. (coords) (2012). Atlas des amphibiens et reptiles de France. Biotope, Mèze : Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (collection Inventaire & biodiversité), 272 p.
  • Miaud C., Muratet J. (2018). Les amphibiens de France - Guide d'identification des œufs et des larves. Quae, Versailles, 225 p.
  • Nöllert A. & Nöllert C. (2003). Guide des amphibiens d'Europe. delachaux et niestlé, Paris, 383 p.
  • UICN France, MNHN & SHF (2015). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Reptiles et Amphibiens de France métropolitaine. Paris, France.
  • Temple H.J. & Cox, N.A (2009). European Red List of Amphibians. Luxembourg : Office for Official Publications of the European Communities, 31 p.

Sites web :

  • MNHN & OFB [Ed]. 2003-2024. Fiche de XXXXXXXXXXXX. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN). Site web : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/351 - Le XX XX 202x


Photographies